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Nous voici revenus à Arequipa. Il fait encore nuit mais une bonne partie des agences est ouverte pour les premiers départs. On vient tout juste de rater le 1er départ pour Puno... On va devoir attendre 8h du matin, dommage.
En lisant le "Routard", on voit qu'il recommande 2 agences. J'en profite pour aller voir (pendant que je garde les sacs). Surprise : il y a justement un départ prévu dans 10 minutes ! Le temps de prendre les tickets, payer la taxe et d'enregistrer nos bagages, et nous voilà dans notre bus, direction le Lac Titicaca.
On est en haut, au premier rang, vue panoramique. Pour le moment, il fait encore nuit mais en 6h de trajet, on devrait avoir le temps d'en profiter.
Au départ, le bus est bien plus silencieux que celui de Cotahuasi, les sièges s'inclinent fortement, ce sont des "semi-cama". On ne résiste pas et on se rendort... Je me réveille quelques heures plus tard, c'est le soleil qui tape sur le pare-brise qui joue le réveil, plutôt agréable après une nuit agitée. Effectivement, la vue est spectaculaire. Nous sommes en plein désert sur les hauts plateaux des Andes. On approche l'Altiplano. Au loin, on aperçoit derrière nous le volcan Mitsi qui surplombe Arequipa, devant nous quelques hauts sommets enneigés.
Enfin, on voit de l'eau briller avec le soleil du matin, c'est un lac gigantesque, on n'en voit pas le bout. Le bus entame sa descente vers les berges. On approche enfin, le ciel bleu donne sa couleur au lac ; de plus, pas une habitation au bord, c'est très sauvage.
Le bus passe vers la gauche. C'est intrigant puisqu'on devrait le longer vers le Sud donc vers la droite...mais aucune route ! En regardant une carte, on s'aperçoit que ce n'est pas le Titicaca mais un autre beaucoup plus petit (et pourtant !), c'est la laguna Lagunillas.
La route se poursuit. Il est midi et le temps commence à se faire long.
On arrive dans une grande ville, c'est Juliaca. Un nombre incalculable de poids lourds, transportant des sacs de ciment, stationnent le long des grands axes. D'innombrables véhicules en tous genres se chargent de les débarrasser, de la camionnette au pick-up en passant par la mobylette ! La ville est en plein boom et pourtant l’asphalte des rues est souvent absent et une énorme poussière vole dans les airs. Rien d'extraordinaire, mais ça vaut le coup d’œil.
Enfin, la sortie de cette ville, une autre image, plus sympathique, celle du pôle universitaire, gigantesque, lui aussi en cours de construction. Les étudiants sont partout à la sortie, des bus et des taxis se comptent par dizaine !
Tout doucement sur notre gauche, on entrevoit de l'eau entre les roseaux. C'est encore loin mais cette fois, c'est le bon lac ! On ne le voit pas tout de suite, surtout que la route est au même niveau. Une forêt immense de roseaux nous empêche d'admirer cette étendue d'eau qui est le lac navigable le plus haut du monde perché dans les Andes à 3808 m d'altitude !
La route, heureusement, s'élève sur une colline et enfin, une fois sur l'autre versant, on peut admirer le Lac Titicaca. On pourrait y mettre plusieurs fois le Lac Léman. On n'en voit pas les bouts, sauf l'autre rive où des montagnes s'élèvent.
La fatigue et la faim se font ressentir, la route a l'air de s'empirer, ça monte, ça descend, ça tourne dans tous les sens... Puis une grande ville en contre-bas sur les rives. Enfin ! Puno...
Visuellement, ce n'est pas très beau mais on arrive. Le bus descend vers le terminal terrestre. La ville paraît calme. Pourtant, il devrait y avoir pas mal de touristes avec les îles flottantes. Le calme fut de courte durée.
A peine sortis du bus et nos sacs sur le dos, des rabatteurs cherchent à nous vendre des excursions en tout genre pour visiter les îles. Mais nous cherchons à entrer en Bolivie, regagner Copacabana ou La Paz directement. Les rabatteurs sont franchement gonflants.
Cumulé à la fatigue, on a presque 20h de bus dans la tête...c'est une épreuve que de garder son calme ! On s'en va voir une agence qui vend des places pour la Bolivie mais on nous dit que c'est impossible et qu'il faut attendre samedi...soit rester 2 jours à Puno ! Vue l'ambiance, ça craint. Un rabatteur est même déjà en train d'essayer de nous vendre des nuits d'hôtel et des excursions. Nous avons beau ne pas l'écouter (après lui avoir dit que nous n'étions pas intéressés), il insiste... Nous demandons à l'agence de bus pourquoi c'est impossible de rejoindre la Bolivie, on nous répond qu'il y a des travaux sur la route (menant à La Paz et que la frontière est bloquée pour une autre raison que je ne comprends pas)...? Étrange, toutes les routes sont donc bloquées.
On a vraiment l'impression que les agences et rabatteurs sont de mèche. De toute façon, nous sommes au point mort, bloqués au terminal. On décide d'aller dans l'hôtel recommandé par le "Lonely Planet" et par Arturo. On file dans un taxi. Là aussi le chauffeur essaie de nous expliquer que cet hôtel est loin du centre et nous en propose un plus près. On insiste... Il nous dit que la course pour le centre est de 3,5 NS mais pour cet hôtel, elle est de 5 NS. Fatigués et lassés, je lui explique qu'on souhaite aller dans cet hôtel et rien d'autre, et qu'on lui paiera la course 5 NS !
Après quelques minutes, on souffle : nous arrivons devant un petit hôtel de plusieurs étages : le Duque Inn.
Un homme est aux commandes, c'est notre contact : Ricardo Conde. L'accueil est énorme ! Ça fait beaucoup de bien ce petit réconfort. On lui explique, ainsi qu'à une dame (sa femme ?), notre mésaventure. Ils n'ont pas vraiment l'air surpris que les taxis ne veulent pas venir jusqu'ici. En revanche, l'histoire des travaux et/ou de frontière bloquée l'intrigue. Il appelle une connaissance puis nous dit qu'il s'occupe de tout, de ne pas nous en faire et que nous serons en Bolivie le lendemain ! Que de bonnes nouvelles.
On monte alors poser nos sacs dans notre chambre sans sanitaire ni douche (car ici, c'est commun à chaque étage). On redescend vite pour demander s'il y a un resto dans le coin. Le patron nous sort alors une carte d'un bon resto, comme il dit, à quelques quartiers d'ici.
Tout juste sortis de l'hôtel, une Cox nous surveille !
D'après les guides, Puno a bonne réputation pour sa cuisine. Ca tombe bien. Et d'ailleurs, au menu, la première salade d'avocats... Très différents, qu'est-ce que c'est bon et vert ! C'est vraiment un légume d'ici. Je comprends mieux pourquoi arrivés chez nous, ils ne sont pas aussi savoureux. Le Pérou est décidément trop loin de chez nous ! Moi, je prends un ceviche à base de truite : très bon jusqu'au moment où j'ai croqué dans un...piment !
Le repas terminé, on traverse la célèbre Plaza de Armas, pour continuer à descendre vers les rives du Lac. Il y a du soleil mais le vent est plutôt glacial. On arrive au port où quelques bateaux touristiques accostent. On entend pas mal de Français. Mais le froid a raison de nous et on décide de rentrer à l'hôtel.
On arrive à l'hôtel et là, une bonne surprise nous attend car Ricardo nous a trouvé 2 billets pour Copacabana en Bolivie pour le lendemain matin et va même nous appeler un taxi pour rejoindre le terminal. "No se preocupe" nous dit-il. Il nous explique aussi que la route sera un peu plus longue car effectivement, il a des grèves à la frontière et que le bus doit les contourner. Le soir venu, une bonne douche nous attend et, sans manger (le repas du midi n'est pas si loin), on saute dans le lit. On a l'impression que cette journée n'a pas de fin mais nous y sommes.
Et la Bolivie dans quelques heures !
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