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Enfin l'arrivée à Cotahuasi. Il est 3h du matin. Nous sortons du bus, il ne fait pas chaud, ça change de Nazca ! On prend nos sacs et direction un hôtel qui voudra bien de nous. On part de la place centrale, où trône une petite église à la façade charmante, pour rejoindre une petite rue (l'axe principal du village) où l'on aperçoit 2 établissements. Mais ils sont complets...! Ça craint à cette heure de la nuit. Un homme, ayant pris le bus avec nous, nous en conseille un autre, dans une rue annexe. On sonne, quelques instants plus tard, une dame en pyjama fraîchement réveillée nous demande ce que l'on veut, se doutant bien de notre réponse.
Elle descend alors nous ouvrir et nous montre une chambre. Quel plaisir : un lit ! On s'est endormi très vite !
Le matin venu, on se lève aux alentours de 9h, c'est grasse mat' ! On va rencontrer la patronne, qui nous avait ouvert la nuit, et nous indique un restaurant pour le petit déj, car eux préparent une fête religieuse pour le soir-même et qui durera 3 jours ; ils ont l'air surexcité !
On arrive rapidement au lieu indiqué, une vieille dame nous demande ce que l'on veut manger exactement et nous fait un prix assez bas !
Après ce bon petit déj, on rejoint la place centrale pour réserver nos billets retour pour Arequipa du lendemain ; on change de crèmerie, trouvant un peu moins cher ailleurs.
Le temps passant très rapidement, on décide d'aller visiter la cañon dès ce midi et on part pour Alca, un village à 20 km en minibus. C'est alors qu'un homme typé européen s'approche de nous. Il s'appelle Esteban, un Africain du Sud qui en fait s'appelle "Stephan". Il est venu faire quelques courses à Cotahuasi, il habite un village voisin depuis 3 ans et n'est pas sur le point de partir ! Après quelques minutes de discussion, on repère un autre typé européen, lui plutôt "baba-cool", une bonne cinquantaine d'années, l'allure de Robinson. En fait, lui aussi, si on a tout compris, vit dans le cañon. Il est Américain et a quitté le Colorado depuis 5 ans. Il connaît par cœur le Pérou et la Bolivie, il parle aussi très bien espagnol, ça aide !
Voilà que le minibus pour Alca approche. On y met généralement 16 à 18 personnes mais on dépasse facilement les 20 et la galerie sur le toit est pleine.
On profite pour admirer la vallée du Rio Cotahuasi. Après quelques traversées de villages, on arrive sur la Plaza de Armas d'Alca. Le jardin est très vert et, comme souvent, soigné.
On sent que c'est un tout petit village, et le touriste est l'attraction.
On passe devant une école, bâtiment récent et/ou entretenu, élèves polis nous disant bonjour.
On descend jusque la rivière et on passe dans les arènes tout en béton, même les gradins !
Arrivés au bord du Rio Cotahuasi, on fait quelques photos : le paysage est grandiose, et puis, aucun touriste à l'horizon.
On rejoint le Centre Ville pour trouver un restaurant ; on décide d'aller au "restaurante turístico" où, à part des locaux, pas un touriste en vue. On prend le menu du jour, 4 NS/pers. (soit 1 €/pers. ! )
On passe le début d'après-midi dans l'arrière-pays, une petite randonnée sympathique jusqu'aux pieds des montagnes où beaucoup d'écoliers rejoignent leur maison (l'école s'arrête à 14h).
Retour à Cotahuasi où la patronne de l'hôtel nous a invité à une fête religieuse ! Cette fois, le retour ne se fait pas en minibus "colectivo" mais en bus, celui-là même qui nous emmena à Cotahuasi la veille.
Arrivés en ville, on se presse dans notre chambre pour prendre une bonne douche. Sitôt fait, on rejoint la place centrale du village. On entend déjà des pétards et la fanfare qui joue à plein régime.
Une fois sur place, quelques 30 personnes et les musiciens sont prêts à défiler dans les rues. 6 hommes portent une table religieuse joliment décorée avec le nom du Saint.
A peine le cortège a-t-il démarré qu'ils font demi-tour car les porteurs ne passent pas sous une arcade. On se retrouve nez à nez avec le cortège !
En fait, ils passent dans une rue adjacente toujours avec la fanfare tambour battant. Après une dizaine de minutes, tout le monde s'arrête devant une maison.
La foule est plus nombreuse. Une prière est donnée, la fanfare s'arrête. Puis, c'est le moment de boire la chicha (boisson locale sans alcool à base de maïs). On nous la verse dans des gobelets en plastique remplis à raz-bord. Je n'ai franchement pas aimé...Elo me finit mon verre, ouf, je n'en pouvais plus ! Le cortège reprend dans la ville, on est rejoint par d'autres personnes dont un curé, qui ne doit pas être de la région : il est blanc et grand ! On fait halte devant notre hôtel, c'est sûrement pour cette raison que notre patronne était si impatiente ! Cette fois, après la prière, c'est du Pisco qui est servi.
Il commence à être tard dans l'après-midi et le soleil est presque couché. On remarque dans la foule un "typé" européen, nous ne sommes pas seuls ! Après une dizaine de minutes, on décide de continuer à suivre, c'est sympa, convivial, pas du tout touristique et il devrait y avoir une fête le soir-même !
Justement, le cortège se déplace à l'autre bout du village en passant dans quelques ruelles sympathiques. La fête a lieu en bas du village, sur une petite place où se dresse une église, voire chapelle, le long de la route menant à Alca. Presque tout le monde se jette à l'intérieur pour participer à la cérémonie, mais on décide de rester discrets et on s’assoie sur des bancs placés autour de la place des fêtes où se dresse une minuscule scène remplie d'enceintes. Pendant ce temps, des artificiers préparent les feux prévus tard le soir. Les enfants veulent nous vendre des billets de tombola, leur jeu étant de nous en vendre car nous sommes étrangers !
C'est alors qu'une "étrangère" vient nous parler. C'est une Slovène qui s'est séparée de ses amis partis eux au Cañon del Colca. On sympathise alors, lui racontant notre journée et notre projet de faire la rando de la cascade prévue le lendemain matin, n'ayant qu'un seul départ par jour.
En attendant, on trouve le temps long à cette fête et puis on fatigue de la nuit précédente... On remonte alors au village par la seule route, dans une obscurité presque totale, jusqu'à la place centrale pour passer à table.
On trouve rapidement un restaurant, le plus onéreux depuis quelques jours...Mais c'est très bon, mis à part la Sopa...où ils ont mis des pattes de poulet !! La photo s'impose ! (Moi, j'ai eu une sorte de rein...et l'ai mangé)
Ensuite, retour à l'hôtel pour une bonne nuit car réveil le lendemain tôt pour prendre le colectivo de 6h et aller voir le Rio Cotahuasi se transformer en cascade.
Le mercredi 14 septembre, ça y est, j'ai ma 31ème bougie et je la souffle ici à Cotahuasi !
Debout tôt et montée à pied vers l'arrêt. Le ciel est bleu et on sent rapidement qu'il fera chaud. A l'arrêt de bus, l'Américain du Colorado croisé la veille est là aussi, avec des cartons pleins. Il a l'air de connaître beaucoup de monde ! La Slovène fait également partie du voyage et fait amie-ami avec notre Américain. Cela nous arrange car elle ne s'arrête plus de parler ! Le colectivo a démarré, le panorama est énorme, la descente vers le Cañon également. La route est en fait une piste, ça secoue un peu et les virages sont négociés au mm.
Le village de Cotahuasi est en hauteur par rapport au Cañon et il nous faut 1h de descente pour le rejoindre. On traverse des hameaux d'agriculteurs ; certains ont même de vieilles éoliennes, façon western !
Arrivés tout en bas, on traverse le Rio Cotahuasi sur un pont assez récent mais où 2 véhicules ne se croisent pas.
| L'ancien pont |
Enfin, notre arrêt : au beau milieu de nulle part. Heureusement qu'on nous prévient ! Nous sommes donc 3 à descendre du colectivo, sac à dos, c'est parti pour une vingtaine de minutes de marche.
Ici, le Cañon s'est rétréci et il monte très haut. On se sent tout petit.
Le chemin que nous suivons est facile d'accès et on arrive vite à la cascade. Effectivement, voir une large rivière se jeter dans le vide par plusieurs dizaines de mètres est très impressionnant. Surtout lorsque l'on n'arrive même pas à voir le fond !
Tout doucement, on voit le soleil pénétrer dans les gorges profondes, la nature nous fait son spectacle !
Le bus ne repassant que vers 9h30, nous avons du temps devant nous. On décide de marcher un peu et de monter sur le flanc de la montagne pour voir de l'autre côté des gorges du Rio.
Arrivés en haut, la montée ne dure que quelques minutes, le panorama est spectaculaire, ça en vaut le détour.
De retour vers l'arrêt de bus, on croise du monde : une anglaise avec son guide [on a su plus tard (par la Slovène qui n'a pu s'empêcher d'aller lui parler), que cette femme voyageait beaucoup et ne travaillait plus, grâce aux pensions de ses 3 ex-maris (!!)] ; puis un autre groupe, venu par l'intermédiaire d'une agence avec minibus.
En remontant, nous arrivons très tôt avant notre colectivo. La Slovène en profite pour discuter avec le chauffeur du groupe et il nous propose de rentrer gratuitement à Cotahuasi, nous déposant même devant notre hôtel. C'est sûr : un minibus touristique est plus confortable qu'un colectivo, il est plus rapide aussi, mais bien moins typique !
De ce fait, notre retour à l'hôtel est rapide et on en profite pour aller faire un tour dans le village. Ça tombe bien car le soleil tape fort, j'ai même les oreilles qui ont brûlé à tel point que j'ai des cloques : on a besoin de chapeaux. On se fait alors plaisir chez un marchand/fabriquant (rencontré par pur hasard !). On regarde alors les dizaines voire la centaine de chapeaux, il y a du choix.
Après plusieurs essais, on trouve les bons !
L'artisan peut même retravailler sous nos yeux un chapeau trop petit, c'est mon cas.
Il découd le ruban et le cuir autour du chapeau puis, à l'aide d'un étau en bois, arrondi, et la mesure de la circonférence de ma tête, il me l'ajuste au poil ! En moins de 10 minutes, c'est réglé !
Celui d'Elo sera en paille avec un nœud ; d'ailleurs, on n'avait pas remarqué qu'on l'avait mis à l'envers, ce qui a fait rire de bon cœur la vendeuse qui avait bien du mal à décrocher un sourire jusque là !
Il est bientôt midi et on cherche un restaurant. Pas trop loin de la place centrale, un "restaurante turístico", ça a l'air sympa mais finalement c'est sans plus, par rapport aux prix et aux autres établissements.
L'après-midi est consacrée au rangement de nos sacs (et des vêtements lavés la veille et étendus tant bien que mal dans notre chambre) et à quelques courses pour le bus de nuit. On repart se balader dans le village une dernière fois avec nos chapeaux tout beaux tout neufs.
L'heure tourne, il est temps d'aller chercher nos sacs et d'aller à l'arrêt de bus. En repartant de l'hôtel, on croise quelqu'un à qui l'on paie la chambre, elle n'est au courant ni du prix ni si on a déjà payé !
Arrivés sur la place du village, 2 bus attendent, dont le nôtre. On profite d'être dehors, debout, avant les 12h de route pour rejoindre Arequipa et, dès que possible, Puno, vers le Lac Titicaca.
Dehors, il fait très chaud, merci les chapeaux ! C'est alors que l'on revoit un européen croisé la veille. On fait alors connaissance. On se parle en espagnol et nous demande d'où nous venons. Lui vient de Suisse. On échange alors quelques mots en français. Il a adoré Cotahuasi et la fête de la veille mais il nous dit aussi avoir abusé de la Cerveza locale !
Bon, cette fois c'est l'heure, on monte dans le bus, presque au fond, au niveau de l'essieu arrière. Ça va secouer.
Les 1ers kilomètres ne sont que de la montée. Ça dure 1h30, mais une migraine, encore, se pointe. J'en ai des nausées. Le bus remue dans tous les sens, j'ai l'impression que je vais rendre mes tripes et ça dure des heures... Puis plus rien, je m'endors, complètement cassé par la migraine. De plus, le bus a enfin rejoint la route asphaltée. La deuxième partie de ce voyage sera plus calme. Mais c'est sans compter sur la musique hurlante du chauffeur qui écoute en boucle le titre du moment que l'on entend presque partout au Pérou : une sorte de musique chinoise dans laquelle un homme et une femme se parlent très fort, voire hurle pour le chanteur...rien d'extra pour les oreilles. Heureusement, il est 3h30 du matin et le bus entre en gare d'Arequipa.

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