D'après le carnet de voyage de Seb et quelques annotations d'Elo

Copacabana / Isla del Sol (16 au 17 septembre 2011)


Agrandir le plan
Agrandir le plan

C'est le matin du vendredi 16 septembre, 1 semaine déjà que nous sommes en vacances !

Lever de soleil depuis notre chambre d'hôtel

D'abord, petit déjeuner sur le toit de l'hôtel aménagé en terrasse. On sent que tout le monde est déjà debout, une longue journée démarre. Le gérant nous rappelle que tout est OK et qu'un taxi sera devant l'établissement comme convenu. Ce matin, on est un peu à la traîne, le taxi est déjà là. Juste le temps de remercier Ricardo une dernière fois pour son accueil et hop en voiture.

Arrivés au terminal terrestre, on sait maintenant qu'il y a cette taxe à payer donc pas de perte de temps : l'un fait la queue pour payer, l'autre cherche le numéro de quai d'embarquement. Tout se combine très bien et nous voilà dans un bus, plus vieux que ceux dont on a l'habitude, mais peu importe, ce n'est que pour quelques heures. Beaucoup de passagers sont jeunes, ne dépassant pas la quarantaine. Devant nous, 2 femmes espagnoles et sur l'autre rangée derrière nous, un couple francophone ; décidément à Puno, on parle beaucoup le français !
Le bus démarre avec un léger retard. Sur la route, rien d'extraordinaire si ce n'est ce grand lac que nous longeons, une merveille !


Le bus doit régulièrement prendre quelques déviations ; effectivement, il y a des travaux.

Il fait une halte et on nous explique que c'est le dernier arrêt avant la frontière et qu'il est prudent de faire le change en Bolivianos. Nous, on préfère aller voir ce qu'il se passe dans les environs.

Il est temps de remonter dans le bus et en moins de 5 minutes, nous voilà à la frontière. En fait, c'est tout petit. La route forme une ligne droite dans une légère montée, tout en haut une arche à la Mexicaine.

Tout le monde doit descendre du bus pour signer les papiers et passer la frontière à pieds, c'est la règle. On passe au service immigration, qui nous date notre passeport pour la sortie du Pérou, puis au bureau de la Police/Douane pour rendre le formulaire d'entrée dans le Pays. Ensuite, on marche jusque l'autre côté, la Bolivie, pour refaire la même chose mais pour valider la date d'entrée. C'est juste un peu plus long mais en moins d'une heure, tout est réglé pour les passagers de notre bus. Nous repartons sans que nos bagages ne soient fouillés, rien !

Direction Copacabana à 7 km. A l'entrée de la ville, le bus s'arrête ; un homme entre et demande la taxe (ah bon !) qui s'élève à 1 Bs (soit 10cts d'€). Sauf que l'on n'a pas encore fait le change. Ce monsieur nous réclame 1 NS pour nous 2. En fait, il part taxer les autres passagers et en revenant, fait payer les 2 espagnoles devant nous (qui n'avaient pas non plus effectué de change) et nous oublie complètement. Nous venons d'économiser 2 Bolivianos !!

Le bus repart et arrive enfin à destination. Quelques rabatteurs viennent essayer de nous vendre quelques excursions mais rien de méchant. A première vue, les bâtiments semblent mieux "finis" qu'au Pérou, plus propres, avec plus de couleurs... En fait, en remontant la rue principale, on se rend compte que la ville est faite pour les "baba-cools", des bars branchés "reggae", des chaises semi-assises, des rabatteurs typés européens (ça cause anglais, français et espagnol !). C'est une ambiance sympa, cool mais c'est très étrange ; on se demande dans quel pays on vient d’atterrir.

La première chose à faire est d'échanger des €uros en Bolivianos pour pouvoir rejoindre au plus vite la Isla del Sol, une île, une vraie qui ne flotte pas, à une heure de bateau.Après quelques agences de change, on se met d'accord avec l'une d'entre elles et on en profite pour lui acheter nos billets pour le bateau mais aussi pour le bus direction La Paz prévu le lendemain soir. Voilà que tout est fait, il est 13h15 et notre bateau partira à 13h30.
On descend jusqu'à la rive où multitude de bateaux se ressemblant tous nous attend pour rejoindre l'île.


On monte dans celui pour lequel on a réservé. On range nos sacs à l'avant du bateau à la demande du capitaine ! On a le choix des places : en bas, couverts à l'abri du vent, ou en haut mais, comme la veille, la petite brise n'est pas chaude ! On reste en bas et c'est très bien. Les moteurs démarrent et nous voilà partis. On navigue sur le Titicaca !

Au bout de quelques minutes, on aperçoit l'île où l'on passera la nuit. Il y a possibilité de randonner mais on verra sur place. Le trajet est rapide et on arrive à l'heure dans un petit port bien rempli par des touristes qui eux rentrent sur Copacabana.
A peine nous posons un pied sur le quai que 3 hommes nous réclament une taxe ! Ça devient une habitude... Cette fois, on paie. Puis, on longe une petite place en herbe qui sert de "salle d’attente" aux touristes quittant l'île. Forcément, ici aussi, quelques rabatteurs. On a bien une adresse mais sur l'île pas de rue car pas de véhicule, seules les mules circulent !
Le problème est que le village où se trouve l'hôtel est en hauteur et qu'il faut gravir une multitude de marches. Le plus difficile reste l'acclimatation à la hauteur, le moindre effort est difficile. On a beaucoup de mal à reprendre notre souffle, surtout avec nos gros sacs sur le dos ! (particulièrement Seb qui a un sac qui pèse le double du mien) De toute façon, on n'a pas le choix, direction les marches... Au début, tout va bien, mais cela devient très vite difficile. Pas moyen de reprendre son souffle.

A tel point qu'une fois arrivés en haut des marches, j'en enlève mon sac que je ne supporte plus, et ce n'est pas un problème de kilos dans celui-ci ! Au bout de quelques minutes, ça va un peu mieux mais le chemin n'est pas terminé. Une multitude de lacets nous attendent. Plusieurs vendeurs exposent sur le bas côté mais il n'est pas évident d'y prêter attention. Fort heureusement, il n'y a quasiment plus de marches, ce qui fatigue beaucoup moins.
On arrive enfin à un endroit avec plusieurs hôtels mais on ne voit pas celui recherché. Une bolivienne qui tient un magasin de tissus nous propose une chambre avec lit double et salle de bain. Très vite après avoir fait le tour du propriétaire, on accepte. La porte ne se ferme pas avec une serrure mais un cadenas,original, comme les poulaillers ! Après avoir posé nos affaires, on part chercher un resto mais rien, ou à des prix trop élevés. On revient alors vers notre hôte qui veut bien nous préparer quelque chose, il est tout de même 15h30 !

Après ce 1er repas bolivien, on décide d'aller se balader dans les environs. On traverse le village, toujours en remontant une côte, rien n'est plat.






Puis on longe de nombreux hôtels. On aperçoit alors le sommet, du moins ce que l'on pense être le sommet, et tout doucement, dans notre lancée, on monte.



Après une bonne vingtaine de minutes, on voit toute une chaîne de montagnes enneigées, ce sont elles qui entourent La Paz, des sommets atteignant les 5 et 6000 mètres.


On voit très bien également la Isla de la Luna, bien plus petite que celle que nous visitons, mais superbe avec les couleurs d'un soleil couchant. La lumière n'en est pas moins vive car les montagnes enneigées brillent et reflètent sur les eaux du lac. En quelques minutes, on voit le soleil tomber derrière des montagnes lointaines alors que les couleurs du Titicaca virent du bleu foncé au jaune puis orange voire rouge, jusqu'à devenir sombre comme le ciel.








Pour nous, il est temps de rentrer car il fait presque nuit et nos estomacs réclament.
On revient une nouvelle fois chez notre hôte ; de toute façon il n'y a pas beaucoup d'autres endroits, la lumière se fait rare.
A la fin de notre repas, les 2 Espagnoles qui étaient devant nous dans le bus du matin entrent pour demander le couvert. Elles sont soulagées de la réponse positive de la gérante. On en profite pour échanger quelques mots mais elles parlent comme un cheval au galop. Je décroche vite mais elles ne sont qu'à quelques mètres de nous. Fort heureusement, Elo s'en sort très bien et toutes les 3 en profitent pour me taquiner...(oui, nous avons bien rigolé...)
D'autres personnes font leur entrée dans le petit restaurant. Ce sont 3 Argentins. Ils demandent la carte mais ne sont pas très intéressés et préfèrent repartir. Avant, ils nous disent que le ciel étoilé est de toute beauté.
Ça tombe bien, on ira voir ça de plus près. On termine notre discussion avec les Espagnoles qui nous expliquent brièvement leur parcours au Pérou avant de débarquer ici.

Pour nous, il est temps d'aller contempler les étoiles.
Effectivement, ici, très peu voire pas du tout de pollution lumineuse, et le ciel est particulièrement étoilé. On aperçoit même une voie lactée, une énorme traînée de poussières d'étoiles ?
Bref, un ciel encore une fois unique. Ça fait rêver ; ça tombe bien, on va se coucher.
On tombe littéralement dans le lit.


Peu avant le lever du jour, une pluie s'abat sur le village et nous réveille tellement les gouttes claquent sur le toit en pastique. On regarde si l'eau ne rentre pas par les fenêtres ou sous la porte car rien n'est isolé, et il y a des jours partout autour des bâtis. Heureusement, tout va bien, nos affaires et nous-même avons été épargnés !
On se rendort difficilement...

Au lever du jour, le ciel est chargé en nuages, heureusement que nous n'avions pas prévu de nous lever tôt pour assister au lever du soleil...


On fait nos sacs et on part au petit déjeuner. On essaie de ne pas perdre trop de temps car on aimerait traverser l'île, faire l'aller-retour dans la journée (6h A/R) et reprendre le bateau pour Copacabana en fin d'après-midi, car on a réservé 2 places dans un bus pour La Paz dans la soirée.

Nous voilà donc partis. On remonte le sommet de la veille, en fait on suit le chemin qui mène à un bâtiment en construction.


D'ailleurs, nous sommes suivis par 2 Européennes. Mais arrivés à cette construction, plus de chemin. En revanche, la vue est terrible, on y voit presque toute l'île et des chemins par-ci par-là. On se rend compte que l'île est tout de même bien peuplée et que l'agriculture est omniprésente.

Malheureusement, on ne voit toujours pas notre chemin et on décide de faire demi-tour pour trouver un autre passage.

Très vite, on tombe sur les 3 Argentins de la veille, 2 filles et 1 gars, très sympas ; ils nous donnent même une herbe qu'ils viennent de cueillir, qu'il faut écraser dans sa main et sentir. Paraît-il que ça aide à lutter contre le mal des montagnes et facilite l'activité physique. On leur demande s'ils connaissent le chemin et le gars nous dit que nous étions au bon endroit, à la construction...
On y retourne tous ensemble, on voit au loin les 2 Européennes couper à travers champ vers on ne sait où... D'ailleurs, on ne les reverra plus avant notre retour à Copacabana ! L'Argentin nous dit qu'il faut couper également... Je reste assez perplexe car il n'y a plus de chemin, juste des petits sentiers creusés par la pluie. On redescend quasiment tout ce qu'on avait grimpé.
L'ambiance est vraiment sympa avec ces Argentins qui nous racontent qu'ils adorent les pains au chocolat et la cuisine française, qu'ils ont un ami qui fait de la cuisine chimique en France dans l'Hérault, etc.

Mais notre avancée s'arrête au moment où l'on tombe sur des Villageois qui travaillent leur champ. On leur demande alors la route et nous répondent que l'on n'est pas du tout au bon endroit... (Heureusement que l'Argentin était déjà venu ici il y a plusieurs années et qu'il connaissait le chemin !)

Une petite fille de 11 ans nous sert de guide. Fort heureusement car on coupe à travers d'autres champs, toujours à flanc de montagne. En fait, depuis une heure, on fait le tour de cette montagne...  La petite Bolivienne est rejoint par un autre petit garçon, un peu plus âgé, sûrement venu réclamer quelques Bolivianos. Enfin, au bout d'une demi-heure, on arrive sur le chemin "officiel". On remercie la fillette et on lui donne quelques pièces ainsi qu'au jeune gars qui nous en réclame plus...la mentalité bolivienne déjà à cet âge ! Il n'aura rien de plus, ni par nous, ni par les Argentins (refusant, de plus, de les partager avec sa sœur).

On commence alors le chemin, il était temps car on vient de perdre quelques heures. Très vite, on tombe sur un péage ! On a beau être au courant, ça surprend tout de même, le prix également. Les Argentins tentent de le faire baisser mais les 2 gardiens ne cèdent pas. Nous n'avons pas trop le temps de négocier, on tente malgré tout, mais en vain. Les gars nous certifient que l'on peut traverser l'île et revenir ici sans payer à nouveau. On paie, remplit le registre, et hop c'est parti. On laisse nos amis Argentins qui réfléchissent encore. Quelque part, ça nous arrange bien car nous n'avons pas la même cadence de marche et nous sommes un peu pressés et en retard !

Le chemin est fort agréable, entretenu, on y voit des paysans avec leur troupeau, on aperçoit tout en bas les superbes criques ; de plus, le soleil est revenu en force ! Ça cogne sévère, merci les chapeaux.




Il y a parfois de bonnes montées, ça nous rappelle qu'on est en altitude, 4000m tout de même. Après quelques heures, on arrive à un autre péage. On va immédiatement voir si on ne nous a pas menti. Cette fois, ça passe. On continue sur une bonne descente. Puis on remonte une pente douce. On est presque au bout mais il est l'heure de faire demi-tour. Nous n'avons pas pu rattraper le temps perdu du matin. Rien de bien méchant, c'est une randonnée superbe !

On refait alors le chemin en sens inverse. Nous devrions croiser nos amis Argentins et repasser aux péages ! Une bonne demi-heure plus tard, on aperçoit quelques silhouettes dans une ruine, ce sont nos Argentins rejoints par d'autres randonneurs qui font leur pause casse-croûte. Nous nous saluons une dernière fois, on ne reste pas, nous n'avons rien à manger mises à part nos barres de céréales !

Ce chemin de retour s'effectue assez rapidement. On a l'impression de moins grimper mais aussi on contemple moins le paysage. Il est temps d'arriver car mes réserves d'eau sont presque épuisées. On repasse les différents péages sans, cette fois, donner d'argent, ayant le bon ticket !
On voit au loin le village et on dirait bien qu'il y a à nouveau un arrêt pour une nouvelle taxe ! Mais cette fois c'est non, car nous l'avons déjà payée la veille en arrivant sur l'île ! Le Bolivien essaie tout de même mais c'est peine perdue, on continue notre chemin.

Nous sommes alors dans notre village de départ (et d'arrivée) et on se trouve rapidement une table face au lac et toujours en hauteur. La vue y est toujours aussi superbe.


Quelques Français sont à une autre terrasse un peu plus loin. On commande rapidement mais ce repas se fera sans la fameuse sopa. L'heure tourne très vite. Il est alors temps de rentrer à notre auberge récupérer nos sacs et rejoindre Copacabana où un bus nous attend pour La Paz.
On profite une dernière fois de notre hôte pour lui demander de passer aux WC mais il faut payer... (On demande seulement à utiliser les WC communs, que eux-même utilisent...) Elle nous dit qu'elle a tout nettoyé. Bon, oui, d'accord, mais on ne va pas encore payer surtout après être restés chez elle dormir, manger, sans compter le petit pourboire de la veille...! On finit par repartir, sans rien, ni même lui acheter quoi que ce soit dans sa boutique. Pas commodes ces Boliviens.

Direction le petit port, cette fois on redescend, que du bonheur, ça change de la veille. L'air de rien, on s'habitue aux efforts d'altitude. Un bon quart d'heure plus tard, nous atteignons les embarcations.
Nous sommes abordés par plusieurs vendeurs de tickets "retour", il faut bien insister sur "retour" car c'est plus cher que l'"aller"...incroyable. En effet, on nous a expliqué que les Boliviens savent bien qu'une fois sur l'île, même plus cher, on va payer le ticket "retour" car on est bloqué ! Et une fois de plus, impossible de négocier, les différentes compagnies appliquent le même tarif. C'est franchement gonflant mais il faut faire avec.

On monte dans un de ces bateaux, on pose nos sacs et nous voilà repartis vers Copacabana. Ce retour est très agréable, il fait toujours aussi beau, le vent est cette fois dans notre dos et il fait même chaud. Avec les petites vagues, nous sommes bercés par le Lac. Le soleil ne se couche pas encore mais il y a un peu moins de lumière qu'en pleine journée. La côte prend des allures de Côte d'Azur (sans construction !), l'eau est d'une couleur bleue assez claire, et au loin, devant nous, on aperçoit une colline plongeant dans le Lac. A son sommet, un cimetière, c'est celui de Copacabana. Il nous reste 1h de trajet. La plupart des passagers est assoupie et il y a de quoi, tant on s'y sent bien !

Arrivés au port, le bateau accoste sur un quai en assez mauvais état. Une fois dessus, ça bouge pas mal. D'ailleurs, à chacun de mes pas, je fais attention de ne pas passer à travers ces vieilles planches. L'air de rien, je suis proche du quintal avec mon sac ! Nous revoilà sur a terre ferme.

La ville est toujours animée. On rejoint rapidement les bus. Ça grouille de partout, on nous harcèle pour prendre un billet pour La Paz mais c'est déjà fait ! On ne va pas en prendre plusieurs... Une dernière mission : se trouver des sandwiches. On trouve un resto assez chic qui en propose mais le serveur nous claque la carte sur une table, pas très aimable... On fait demi-tour. C'est alors qu'une "Européenne" avec un plateau nous propose des sandwiches. Il y en a pour tous les goûts, dont un à l'avocat. C'est vraiment étrange de ne pas avoir affaire à des locaux, d'ailleurs cette vendeuse à un accent... Elle nous aborde en Anglais et je lui réponds en Espagnol (ne voulant pas parler Anglais dans un pays hispanique, et préférant parler l'Espagnol) En discutant, on s'aperçoit qu'elle est francophone et vient de Bruxelles. Comme quoi !!

Voilà ! C'est fait, notre bus est là. On charge nos bagages et on part pour La Paz.

Dommage, le soleil se couche déjà, on fera encore une fois la route de nuit. Il est presque 18h, arrivée prévue entre 21 et 22h. Tout dépendra de la circulation autour de la Capitale.

Après une bonne heure de route à travers les montagnes et à toute allure, le bus s'arrête dans un village, tout le monde descend. En fait, on est à l'endroit du Lac le plus étroit. Environ 200m à traverser mais pas de pont. Il faut prendre un bac. Mais les piétons eux, doivent prendre un ticket pour la traversée en bateau. Ça ressemble étrangement au Bosphore mais il fait nuit et il y a peu de lumière. On paie nos tickets et on monte à bord d'un tout petit bateau où nous sommes entassés. Il y a des gilets de sauvetage mais ils sont pris d'assaut et le tiers des passagers, dont nous faisons partie, n'y ont pas droit ! En même temps, on peut se demander s'ils sont efficaces, autant mettre un gilet fluo de la DDE... Notre capitaine prend place à l'arrière pour diriger le gouvernail directement sur le moteur. Ce gamin a peut-être 14 ans... A bord, ça bouge pas mal ; les quelques petites vagues ne rassurent personne ! Les gens sont très calmes d'apparence. D'apparence seulement ! Dans ma tête, j'élabore déjà un plan au cas où nous tomberions à l'eau... Une chance, on sait nager ! C'est ce qui me rassure. En quelques minutes, nous arrivons de l'autre côté.


On tente d'apercevoir le bac avec notre bus mais il fait trop sombre. En revanche, on regarde avec des yeux écarquillés l'allure de ces péniches en bois qui ne ressemblent pas du tout à des bateaux mais à des plates-formes flottantes. C'est peu rassurant. Finalement, nous sommes bien contents d'avoir pris le petit bateau.

L'air sent la friture ! A une vingtaine de mètres, se dresse un tout petit box où une jeune femme fait des frites. Ça donne faim !
Nous attendons notre bus sur une petite place éclairée où plusieurs marchands-cuisiniers vendent eux aussi à manger aux locaux mais aussi aux touristes. L'originalité de leur stand, c'est leur cuisine : un réchaud ou deux au gaz, posé à même le sol, et devant eux une table assez ongue avec un banc de chaque côté. Ça sent vraiment bon !
On ne sait pas ce que c'est et on ne le saura jamais car un bus arrive d'une rue adjacente, c'est le nôtre : nous l'attendions au mauvais endroit puisqu'on ne l'a pas vu débarquer ! Il doit avoir l'habitude puisque tout le monde l'attendait ici même.

On remonte dans le bus. Il fait toujours trop noir pour contempler le paysage... Deux heures après, on traverse une ville.
Dehors, un monde fou. Des voitures, des bus, des camions dans tous les sens. En fait, nous entrons dans la banlieue de La Paz. On sent une ambiance de folie, tout va vite, même très vite, notre bus aussi !

D'un coup, on arrive vers le cœur de la Capitale, perchée entre 3500 et 4000m d'altitude.
Et on y arrive par le haut, c'est pour le moins impressionnant : on se croirait en haut d'une piste de ski dans les Alpes et tout en bas une ville géante ! Sauf que La Paz est énorme : la ville recouvre la vallée entière ainsi que les montagnes environnantes. De nuit, tout est illuminé, on regrette juste que notre bus aille si vite et ne nous laisse pas le temps d'observer cette mégapole.

Très vite, nous arrivons en bas, au terminal terrestre.
On a pris l'habitude de mettre rapidement nos sacs et courir vers une agence de bus ; ici, nous cherchons à gagner au plus vite Uyuni, tout au sud du Pays. On se rend compte très vite qu'il n'y a que 2 ou 3 agences qui font le trajet et elles sont toutes fermées. Ça peut se comprendre, il est 23h et c'est samedi soir !
Il règne une ambiance de Routard dans ce terminal. C'est immense, d'innombrables bancs sont à disposition au centre et le plus impressionnant, ce sont les destinations proposées : la plupart des grandes villes péruviennes et boliviennes, l'Amazonie, mais aussi Buenos Aires, Rio, Santiago... Ça fait rêver encore plus...

Le hic, puisqu'on ne passera pas la nuit en bus, c'est de trouver un hôtel.
Heureusement, grâce au Routard, on en trouve un en face. C'est parfait car le lendemain, il faut aller très tôt réserver nos billets en agence.
L'établissement est vieux mais propre. Notre chambre est au 2ème étage, le plancher craque à chacun de nos pas, du couloir à la chambre ! La déco est rouge : tous les murs et même la moquette. C'est un peu bruyant mais ça devrait bien se passer : c'est toujours mieux qu'en bus et puis on a une salle de bain (commune sur le palier).
Je profite de la TV et zappe entre les chaînes boliviennes. A cette heure-là,ce n'est pas génial, mais chez nous en France, ce n'est pas mieux ! Je tombe finalement sur "Pirates des Caraïbes" en anglais, sous-titré en espagnol.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire