D'après le carnet de voyage de Seb et quelques annotations d'Elo

La Paz (18 septembre 2011) - Route vers Uyuni


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Le réveil sonne, on part immédiatement se laver pour être devant le guichet des billets de bus pour Uyuni. On est très vite au terminal mais à notre guichet, personne... La personne qui doit nous vendre ces tickets n'est pas là et c'est assez problématique. Il n'y a pas d'autre agence d'ouverte. On décide de revenir à l'hôtel pour prendre notre petit déj.
La journée devrait être assez belle, le soleil perce les nuages. Curieusement, il ne fait pas froid à cette altitude !
On arrive à l'hôtel et on demande un petit déjeuner "continental". Une vieille dame en tablier prend la commande. Nous sommes les seuls dans cette petite pièce qui sert de restaurant. On monte ensuite dans la chambre faire nos sacs pour être prêts à prendre ce fameux bus.
On les laisse à la consigne de l'hôtel puis retournons au terminal terrestre où enfin la guichetière est arrivée. On se rend compte qu'il ne reste que quelques places dans le fond : un grand OUF ! Ça y est, nous avons nos précieux tickets. On devrait y rester 2 jours.


Mais avant tout, une journée tranquille à La Paz nous attend. Il est 9h du matin, notre bus ne part qu'à 17h. On ne prend qu'un petit sac à dos et quelques affaires, aujourd'hui on visite "légers".
On rejoint une artère principale de la ville qui devrait nous mener directement au Centre ville. Pour un dimanche, la circulation est assez dense mais c'est La Paz ! Pour traverser, c'est très sport, il faut être particulièrement vigilant ; même la police de la circulation se moque des piétons...



On continue notre marche, beaucoup de panneaux publicitaires, d’innombrables petits boxes de vendeurs de tout : brosses à dents, nourriture, vêtements, etc... remplissent les rues. Pourtant, la vile semble endormie, on nous a tellement parlé du formidable "bordel" qu'est La Paz que nous sommes assez surpris, mais c'est dimanche matin !
On arrive sur une place où se dresse une superbe église époque coloniale : c'est l'église San Francisco, le berceau de La Paz.

C'est ici même que les conquistadors espagnols ont fondé La Paz. On y entre. L'architecture est comme souvent spectaculaire, il y a une messe et pourtant du monde visite les lieux. Mal à l'aise, nous ne restons pas longtemps.


Sur le parvis, plusieurs cireurs de chaussures sont au travail. Certains sont même aux couleurs des réseaux de téléphones portables nationaux.
On tente de se balader dans des petites rues pour trouver des bonnets et autres tissus mais il y a des travaux et les magasins sont fermés... On continue alors notre descente vers le Centre, car depuis le terminal de bus on ne fait que descendre, le retour sera plus compliqué !
On longe quelques vieilles maisons coloniales et celles -ci sont à deux doigts de tomber.

La grande avenue que nous descendons devient alors fermée à la circulation. Des scènes de spectacles sont montées, d'innombrables jeux sont installés sur la chaussée, ça sent la fête. On commence à voir du monde.

C'est assez curieux car les gens de cette fête n'ont pas l'air pauvre comme tous ceux que l'on a pu croiser jusqu'à présent. On se prête à cette fête et on profite d'un spectacle d'une tribu qui fait une danse. L'un d'entre eux est couvert de plumes (un aigle ??), il a même les ailes !



Plus loin, sur une autre scène, des gens font des discours, d'autres des chants, des danses, aussi bien des adultes que des enfants.
De plus, le soleil se distingue largement. On s’assoit sur un banc à côté d'un jardinet encore une fois parfaitement entretenu.

Un serveur muni d'un plateau sur lequel plusieurs gobelets remplis de glace nous en propose à un prix dérisoire : on en prend 2 sans discuter !
On repart en continuant notre marche vers la fin de la fête où des artisans vendent leurs créations.
Mais toujours pas ce que nous cherchons. Il y a un office de tourisme mais il est fermé... On remonte l'avenue dans l'autre sens afin de profiter de toutes les activités.
Il commence à y avoir beaucoup de monde. Il est presque midi et on tombe nez à nez sur un Burger King ! Ça donne envie un hamburger ; c'est plutôt amusant de voir ce fast food au coeur des Andes Boliviennes. Les prix sont très bas par rapport à ce que l'on connaît mais au dessus des moyens d'une majorité de Boliviens...
On quitte le Centre Ville pour rejoindre la vieille ville où se trouve la Cathédrale et des bâtiments gouvernementaux. La route grimpe assez brutalement.


Après 20 minutes d'effort, on trouve une place avec la Cathédrale, l'Assemblée et la Maison présidentielle surveillée par plusieurs gardes qui ont beaucoup moins de classe que tous ceux qu'on a pu voir ailleurs en Angleterre, en Grèce, etc...




La place, en revanche, est très jolie mais recouverte par des colonies entières de pigeons. Là encore, de très beaux jardins, des statues et le kilomètre au point 0 de la Bolivie.





On continue la visite dans une rue piétonne. Des artisans y exposent textiles et toutes sortes d'objets de déco. On sent le quartier assez pauvre, et plus on avance, pire c'est.





Mais nous sommes à la recherche de 3 petits musées qui seraient installés dans des maisons coloniales entièrement restaurées. Ce n'est pas facile car rien n'est indiqué. A force de ratisser, on finit par les trouver dans une toute petite ruelle très charmante, mais là aussi, tout est fermé. Pas de chance d'être ici un dimanche... Les 3 musées sont l'un à côté de l'autre, la ruelle est entièrement pavée, chaque maison est rénovée, on se croirait presque à l'époque coloniale !





On remonte la rue, au bout de laquelle un grand boulevard bien rempli. Dépaysement garanti ! Nous sommes légèrement remontés (en hauteur !) et la vue est spectaculaire, pas forcément jolie mais l'impression est grande : on remarque en contre-bas le Centre Ville avec les hauts immeubles et les immenses encarts publicitaires.

Plus haut, les quartiers pauvres, fades, de couleur unie, tout en béton, que l'on voit à perte de vue ; cette ville n'en finit pas.
On continue notre route, il est encore tôt pour rentrer alors on se décide à retourner vers le centre en prenant d'autres routes. Sur le chemin, on croise un homme qui parle à un pigeon à l'agonie, venant probablement de se faire percuter par une voiture, comme tant d'autres...
On commence à sentir nos jambes, même en descente ; on décide de faire une pause "goûter" sur un banc dans un quartier tranquille juste en face d'un grand bâtiment public.
Reposés, on reprend la marche vers la foire de ce matin. Une fois arrivés, les installations sont en cours de démontage, le boulevard se vide rapidement, on en profite pour faire un dernier tour, on a l'impression de se promener dans une fin de braderie !

Il nous reste tout de même à trouver des sandwichs pour ce soir car une fois dans le bus, on risque de ne rien avoir avant demain matin.
Ce n'est pas évident car il n'y a que des fast-foods, marchands ambulants et glaciers... On remonte le grand boulevard de ce matin. Même si la majorité des magasins est toujours fermée, il y a beaucoup de monde sur les trottoirs !
Ayant quelques heures à tuer, on prend place sur un petit mur devant l'église San Francisco, là où 3 cireurs de chaussures travaillent comme des acharnés. Nous avons alors le temps de contempler les Boliviens, les touristes, les bus et voitures qui nous passent tout près. Les gens sont bien habillés, surtout les enfants, limite folklorique pour certains. D'ailleurs, beaucoup profitent de se faire cirer les chaussures. Je n'avais jamais remarqué à quel point il pouvait être difficile de cirer certaines chaussures : certaines ont des cuirs de différentes teintes, parfois noires et blanches... On a même vu quelqu'un présenter des chaussures en daim ; une dame demande pour son fils qui a des baskets... Et un cireur est même venu nous demander s'il pouvait nous cirer nos chaussures de rando ! C'est un métier assez ingrat (là-bas c'est normal de faire cirer ses chaussures) : le travailleur est muni d'une cagoule pour "ne pas" respirer les poussières et produits divers qu'il applique, il est assis sur sa caisse à outils et boîtes de cirage et se tord le dos à chaque fois qu'il se relève...

Il est temps de regagner le terminal. On cherche toujours des sandwichs. Un gigantesque marché couvert de plusieurs étages se trouve sur notre route, ça tombe bien. Sauf que tout ou presque est fermé... Après 1/4 d'heure de recherche, une dame nous propose des jus de fruits ou thé mais ce sont de gros avocats qui retiennent notre attention, et on lui demande alors 2 sandwichs d'avocat. Elle en découpe un d'une taille bien plus grande que ceux que l'on trouve chez nous. Même le noyau retiré il reste beaucoup à manger ! Notre cuisinière nous fait 2 sandwichs énormes garnis d'avocat, tomates, oignon ainsi que de fromage local, que du bonheur ! Cette fois, on a tout ce qu'il nous faut pour faire la route pour le Salar de Uyuni.
Encore 20 minutes de marche et on arrive au terminal.





Avant de rejoindre le bus, on retourne à l'hôtel chercher nos bagages et on en profite pour boire un dernier Mate de Coca servi par la vieille dame du matin !

Arrivés en gare, on paie la taxe et on monte dans le bus. Pratiquement que des touristes. On rejoint nos places, tout au fond. Mais il y a un problème, nos numéros de places ne correspondent à aucun siège, nous ne sommes pas rassurés, d'autant plus que le bus est complet ! Fort heureusement, il y a eu une erreur de numéros...(2 fois les mêmes numéros de sièges dans le bus) Ouf ! On s'installe enfin.
Nos voisins sont des chinois, ils mettent des masques avant de s'endormir !


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Le bus démarre. La nuit arrive déjà. Le temps de quitter le Centre et de remonter sur les hauteurs de la Paz, il fait nuit. Le spectacle est une nouvelle fois grandiose, la Capitale est toute illuminée et on ne voit toujours pas le bout de la ville. Dans le bus, tout le monde ou presque se glisse dans son duvet. Nous, on profite de manger nos sandwichs à l'avocat. Ils sont délicieux, copieux, encore meilleurs que ceux de Copacabana.
Pour le moment, la route est calme, tout se passe bien. On s'endort tout doucement.
Après un dernier arrêt, le bus entre dans une zone non macadamisée, peut-être en travaux, on ne sait pas trop, il fait tellement sombre. Les vibrations à l'arrière du bus sont assez désagréables. Tout notre corps vibre, bouge. Au bout d'un certain moment, on comprend que nous sommes déjà sur la piste... et ce, jusqu'à Uyuni !
La route n'aura duré que 3 heures, il nous en reste 9 ! La nuit s'annonce extrêmement difficile. On comprend mieux pourquoi les gens se sont vite endormis et n'ont rien mangé. Au bout de plusieurs heures, je n'ai toujours pas fermé un oeil. Il commence à faire froid (surtout sans duvet). Les vibrations du bus sont telles que j'ai la respiration irrégulière, c'est très déstabilisant. Il est impossible de rester assis correctement au fond de son siège, on glisse tout le temps, par moment, des sacs tombent des rangements au-dessus des passagers !
Dehors, tout est blanc. On est à une forte altitude et il a neigé un petit peu. On se croirait sur la Lune. Notre bus ralenti tout doucement, on croise quelques véhicules dont plusieurs avec gyrophares. On ne sait pas trop ce qu'il se passe. Le véhicule reprend la route. Il est 2-3h du matin, les vibrations sont toujours aussi intenses, je pense m'être endormi une heure ou deux. Je n'arrive pas à voir dehors car la vitre est gelée...de l'intérieur ! Il fait très froid, c'est de pire en pire même avec un plaid. Vivement Uyuni. Elo a mis ses boules quiès, moi les écouteurs, ça fait un bien fou d'écouter un bon Massive Attack dans des conditions pareilles !
Tout doucement, le soleil revient, le jour se lève enfin. Les fenêtres du fond sont toutes gelées, on ne peut pas encore profiter du paysage. Vers 5h30, il fait enfin jour, le bus s'arrête au milieu de nulle part, le moteur tourne toujours. En fait, nous avons crevé. Malgré des pneus "tout terrain", nous n'y avons pas échappé.
Les températures remontent et on peut enfin regarder dehors. On est en train de longer un lac salé, peut-être le Salar de Uyuni ! On s'aperçoit aussi que les véhicules n'empruntent pas trop la route "officielle" mais la longent car moins chaotique, mais ils ne font que zig-zaguer... Après 1/4 d'heure, la roue est changée et on aperçoit au loin une petite ville aux pieds des montagnes. Pas d'immeuble, pas de grande construction. On longe un petit aérodrome, cette fois, c'est sûr, on arrive bien à Uyuni car un minerai rare a été trouvé sous le Salar ce qui va développer en conséquence la ville et sa région. Cet aéroport, neuf, en est l'un des premiers signes.
C'est très spécial l'arrivée dans cette ville car il n'y a pas de route. On a l'impression d'entrer dans une ville du Far West ! Une fois au Centre, quelques rues sont toutefois pavées. Le bus s'arrête enfin ! Nous voilà arrivés. Il était temps, ce voyage à travers la Bolivie était exécrable !
Quand vient le moment de ranger et se préparer, je m'aperçois qu'une de mes chaussures a disparu... Je l'ai retrouvée à quelques 4 rangées devant ! Pour dire que ça secouait vraiment là-dedans !


Ici, on a l'avantage qu'il fasse beau ! Il fait encore un peu froid mais il n'est que 7h du matin !

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